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Mesures simples ou composées
#1
Chers tous,

lors d'une récente discussion avec des collègues professeurs, certains ont évoqué les concepts de mesures "simples" ou "composées" pour les mesures dont le temps se divise par deux ou par trois. Je n'avais plus entendu ce vocabulaire depuis bien longtemps.

Connaissez-vous les fondements historiques de cette théorie? Quelle logique sous-tend cette terminologie?

Enfin, employez-vous ce vocabulaire ou savez-vous si cela est encore enseigné (en France notamment) de nos jours? 

Je vous remercie de votre attention.

Cordialement.

Michel Lambert
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#2
La distinction entre mesures « simples » et « composées » paraît toujours en usage (au Conservatoire de Paris), puisqu'elle est mentionnée dans le Guide de la théorie de la musique de Claude Abromont et Eugène de Montalembert (2001).
Il faudrait voir les anciens traités de composition (ceux d'harmonie, plus nombreux, parlent peu du rythme ou du mètre). J'ai par hasard sous la main l'un de ceux-ci, Études élémentaires de la musique, de Damour, Burnett et Elwart, 1838, qui écrit ceci (p. 223-224) :

« Nous avons appris à ne considérer les mesures dérivées et composées que comme des diminutifs ou augmentatifs des mesures simples, c'est-à-dire de celles indiquées par un seul chiffre, comme la mesure à quatre temps ou C, la mesure à deux temps, ou [C barré] ou 2, et la mesure à trois temps ou 3.
« La mesure à trois temps est, le plus souvent, indiquée par la fraction 3/4.
« Les mesures dérivées les plus usuelles sont la mesure à 2/4, ou petite mesure à deux temps, celle à 3/8, ou petite mesure à trois temps, et enfin celle à 6/8 qui se bat comme une mesure à deux temps, mais dont chaque temps se divise en trois parties.
« Les mesures composées, c'est-à-dire les mesures contenant plus que la valeur d'une ronde, sont d'un usage peu fréquent ; on ne les trouve guère employées que dans une musique d'un caractère grave. La mesure à 12/8 seule se rencontre parfois dans la musique légère ; elle se bat à quatre temps. »

Je ne suis pas certain que ce texte soit très représentatif, Fétis était assez sévère à son égard. Il doit y en avoir d'autres, il faudra chercher.
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#3
Cher Nicolas,

merci pour ta réponse. J'avais lu dans Versuch einer Einleitung zur Composition de Koch que celui-ci considérait la mesure 4/4 ou C comme une mesure composée et il la comptabilisait comme 2X une mesure 2/4 dans le rythme phraséologique. Ainsi, une phrase de 4 mesures de 4 temps clairement ponctuée par une cadence parfaite était analysée comme une phrase de huit mesures simples, avec une absatz de quatre mesures et une Schlusszatz de quatre mesures. La mesure 12/8 était aussi composée par rapport au 6/8 considérée comme une mesure simple dans ce cas. La notion de simple/composée s'inscrit dans le rythme phraséologique et pas du tout dans l'organisation métrique désignée par une fraction. 

Dans Théorie de la Musique, Jacques Castérède se contente de dire page 36 que les mesures à temps binaires étaient appelées "autrefois" simples et les mesures à temps ternaires étaient appelées composées. Il signale que c'est à déconseiller mais sans autre explication.
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#4
Le texte que j'ai cité plus haut, de Damour, Burnett et Elwart, provient très largement du Dictionnaire de Rousseau, qui écrit:
« De toutes ces Mesures, il y en a trois qu'on appelle simples, parce qu'elles n'ont qu'un seul chiffre ou signe ; savoir , le 2 ou C [barré], le 3, & le C ou quatre Tems. Toutes les autres qu'on appelle doubles, tirent leur dénomination & leurs fignes de cette dernière ou de la Note ronde qui la remplit : en voici la règle ;
« Le chiffre inférieur marque un nombre de Notes de valeur égale, faisant ensemble la durée d'une ronde ou d'une Mesure a quatre
Tems.
« Le chiffre supérieur montre combien il faut de ces mêmes Notes pour remplir chaque Mesure de l'Air qu'on va noter. »
(Dictionnaire, vol. I, 1768, s.v. Mesure, p. 284.)
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